La Nasa a tranché : exit les géants Boeing et Lockheed Martin, pourtant archifavoris. L'essentiel de l'approvisionnement en matériel de la Station spatiale internationale (ISS) sera confié à deux start-up américaines, dont SpaceX, fondée et dirigée par un milliardaire sud-africain de 37 ans, Elon Musk. La société, basée en Californie, fournira des fusées lourdes Falcon 9, dont aucune n'a encore volé, et un module cargo réutilisable baptisé Dragon. Montant du contrat : 1,6 milliard de dollars. Sacrée victoire pour ce fils d'un ingénieur sud-africain et d'une nutritionniste canadienne, débarqué dans l'Ohio à 17 ans sans un sou en poche.
Avant même de finir ses études de physique, Musk crée une première boîte de «city guides» en ligne, Zip2, revendue au prix fort à Compaq en 1999. Des mois plus tard, il lance une start-up de micropaiement, X.com, qu'il fusionne avec ce qui va devenir PayPal. Encore un coup fumant : fin 2002, le géant eBay rachète la pépite pour 1,5 milliard de dollars. Musk en avait encore environ 12%. La suite est un pari fou. Dès 2002, Musk investit 100 millions de dollars de sa fortune personnelle pour créer SpaceX, une société de lanceurs et de modules de transport spatial qui se veut l'alternative low-cost des géants du secteur. Trois lancements d'Omelek Island, au milieu du Pacifique, trois échecs. Mais Musk persiste. Et réussit à placer en orbite un satellite de 165 kilos le 28 septembre dernier.
Ce fana de voitures - il s'est offert une formule 1 McLaren - partage son temps entre SpaceX et Tesla Motors, un constructeur californien de roadsters 100% électriques, très prisés des stars de Hollywood, dont il est le principal investisseur et, depuis quelques mois, le patron opérationnel. Vous avez dit workaholic ?

Source : Challenges.fr